Désirllusion : propagande étatique
Des désirs et des illusions, voilà de quelle monnaie l’État nous paie. On désire de la sécurité, les rues sont remplies de flics. On désire de la croissance, et voici des réformes pour rendre rentable ce qui devait avant tout être humain, au mépris de la qualité de vie. On veut des modèles pour rêver : l’Express ou Le Point, je sais plus très bien, titre : « Jean Sarkozy, comment le président prépare son fils », et les francs-maçons du gouvernement semblent être glorifiés par ces mêmes torchons de droite sous un fard de fausse dénonciation comme une marque de mystère et d’honneur, joyau perlant au front d’une république qui se voudrait innovante et dynamique alors qu’elle n’est plus aujourd’hui qu’une éprouvette où l’on cultive avec succès une pourriture à l’arrière-gout de dictature pop à la Berlusconi. Et on crée de nouveaux emplois… précaires, à chaque début d’année le chômage va baisser, désir de croissance, illusion de sécurité, d’abondance retrouvée. C’est sans compter sur les agissements d’une classe dirigeante corrompue aux mains des patrons, Anne Parisot et compagnie. On connait la chanson, alors pourquoi s’endort-on à ce point ? Peut-être parce que la jeunesse tente de se soulever, elle est confrontée à des troupeaux de CRS ultra-bourrins dont la seule qualité apparente est un chantant accent provençal. Peut-être parce que lorsque cette jeunesse réussit à se soulever et prend la Sorbonne pour faire entendre sa voix contre les injustices qui menacent sa vie, il ne faut pas compter sur TF1 ni sur Metro, Direct-soir, etc. pour relayer l’information à sa juste mesure. Un de ces gratuits de désinformation que tant saisissent, lassés, dans le métro entre le boulot et le dodo. Je me rappelle plus lequel, réservait au sujet de cette prise de la Sorbonne un encadré moins gros que celui réservé aux recettes de cuisine. Quoi sur l’appel lancé ce soir-là depuis l’université occupée par une étudiante au nom de tous les étudiants et de la lutte devant la caméra ?! Où sont passées les images ? Dailymotion, ouais, et les « vrais médias » ? Cela ne les intéresse pas…
Pendant le CPE, on était au courant de la coordination nationale des étudiants, le mouvement solidaire étendu dans toute la France. Beaucoup moins de bruit aujourd’hui dans les médias alors que le mouvement qui tente désespérément de faire « reculer » le gouvernement sur la LRU… n’est pas moins important, enfin c’est ce qu’il me semble parce que j’ai plus la télé. En définitive tous à vos caméras, car pour ce qui est des organismes d’information professionnels, comme beuglait vigoureusement un gros chevelu à queue de cheval à un départ de manif Place d’Italie : « Média partout, Info nulle part » ou encore « Police Milice, Médias complices ! »
samedi 9 janvier 2010
DOSSIER I \\ Les 30 glorieuses et ses conséquences néfastes
Nous avons vu, précédemment, que les femmes et les hommes se sont révoltés de nombreuses fois dans notre Histoire. Aujourd'hui, l'Homme se laisse, tranquillement, engluer dans une routine qui est celle de la consommation de masse. Cette surconsommation demeure néfaste aux femmes et aux hommes en lui créant des envies non essentielles.
Chien-loup aurait dû faire dérailler ce monstre insatiable lorsqu'il était encore qu'un petit glouton avide du lendemain.
C'est après la Seconde Guerre mondiale que s'est instauré l'Âge de la consommation.
À la sortie de la Guerre, l'Europe sombre dans un espoir terne où les odeurs de la traitrise empestent, où les fumées des vestiges des villes étouffent, et où la Vérité brule les yeux. C'est une Europe brumeuse, divisée et en quête de nouveaux espoirs qui soupire à la sortie de cette tuerie.
Profitant de la guerre pour développer ses industries, les États-Unis, à sa sortie, deviennent la première puissance économique et militaire.
Spéculant sur la misère européenne, les U.S.A planifient un plan leur permettant de reconstruire une partie de l'Europe pas encore tombée sous le joug de la main de l'homme de fer, et surtout de faire de l'Europe atlantiste un marché dont la main mise serait bénéfique à la patrie idéologique d'Adam Smith.
C'est en 1948 que le plan Marshall est adopté par les États européens de l'Ouest. Par ce plan, les Américains rénovent l'économie obsolète de l'Europe. Le plan Marshall est une des causes des Trente Glorieuses, période de plein emploi, de création de richesses, et de consommation. L'Europe connait, alors, un nouvel Âge d'or. Le progrès croissant permet une vie plus paisible pour les familles européennes. La machine à laver, le lave-linge viennent en aide aux femmes épuisées par les ingrates tâches ménagères. Cependant, le progrès fait place, progressivement, aux excès de la création. Devons-nous rappeler les plus belles créations de cette période, tel que le couteau électrique ? Émergent, alors, la publicité, les salons des arts ménagers, de l'automobile ; bref tous ces lèche-vitrines qui nous écartent des chemins des vrais besoins.
Mai 68 sonne dans une confusion totale. Les jeunes protestent contre l'austérité des mœurs françaises, les ouvriers, plus lucides, contre cette société qui contraint le monde à consommer et à se taire. Mai 68 avorte par son propre élan de contestation.
Cependant, les artistes n'ont-ils pas montré la superficialité de cette société grandissante ?
Des artistes comme Arman, Ben ou César, témoignent de cette société de consommation par des œuvres qui méritaient une meilleure réflexion à l'époque. Par ses poubelles, Arman n'essaye-t-il pas véhiculer l'idée que cette société créée des faux besoins, des fausses valeurs. Arman ne nous mettait-il pas en garde contre cette société qui hisse au sommet de l'échelle sociale l'homme qui possède le plus de choses ? Hélas ! L'apparence est de mise.
Les trente Glorieuses, période tant chérie par nos ainés, se mutent en un monstre ; destruction innommable des richesses naturelles, télévision à outrance, peopolisation avec ces codes d'apparence, l'acceptation des salaires indécents des dits « élites »... Bienvenue dans la société du marketing, et de la communication où ce qui importe est ton potentiel d'achat, d'heures de visualisation des programmes télévisuels... Abats l'égalité entre les êtres humains, l'Amour et la Liberté.
Cette société de la surconsommation nous plonge dans un état comateux où les marches des politiques gonflés d'ambitions, où l'état apocalyptique du monde nous indiffère. Il était un temps où les hommes se seraient levés depuis bien longtemps.
Chien-loup aurait dû faire dérailler ce monstre insatiable lorsqu'il était encore qu'un petit glouton avide du lendemain.
C'est après la Seconde Guerre mondiale que s'est instauré l'Âge de la consommation.
À la sortie de la Guerre, l'Europe sombre dans un espoir terne où les odeurs de la traitrise empestent, où les fumées des vestiges des villes étouffent, et où la Vérité brule les yeux. C'est une Europe brumeuse, divisée et en quête de nouveaux espoirs qui soupire à la sortie de cette tuerie.
Profitant de la guerre pour développer ses industries, les États-Unis, à sa sortie, deviennent la première puissance économique et militaire.
Spéculant sur la misère européenne, les U.S.A planifient un plan leur permettant de reconstruire une partie de l'Europe pas encore tombée sous le joug de la main de l'homme de fer, et surtout de faire de l'Europe atlantiste un marché dont la main mise serait bénéfique à la patrie idéologique d'Adam Smith.
C'est en 1948 que le plan Marshall est adopté par les États européens de l'Ouest. Par ce plan, les Américains rénovent l'économie obsolète de l'Europe. Le plan Marshall est une des causes des Trente Glorieuses, période de plein emploi, de création de richesses, et de consommation. L'Europe connait, alors, un nouvel Âge d'or. Le progrès croissant permet une vie plus paisible pour les familles européennes. La machine à laver, le lave-linge viennent en aide aux femmes épuisées par les ingrates tâches ménagères. Cependant, le progrès fait place, progressivement, aux excès de la création. Devons-nous rappeler les plus belles créations de cette période, tel que le couteau électrique ? Émergent, alors, la publicité, les salons des arts ménagers, de l'automobile ; bref tous ces lèche-vitrines qui nous écartent des chemins des vrais besoins.
Mai 68 sonne dans une confusion totale. Les jeunes protestent contre l'austérité des mœurs françaises, les ouvriers, plus lucides, contre cette société qui contraint le monde à consommer et à se taire. Mai 68 avorte par son propre élan de contestation.
Cependant, les artistes n'ont-ils pas montré la superficialité de cette société grandissante ?
Des artistes comme Arman, Ben ou César, témoignent de cette société de consommation par des œuvres qui méritaient une meilleure réflexion à l'époque. Par ses poubelles, Arman n'essaye-t-il pas véhiculer l'idée que cette société créée des faux besoins, des fausses valeurs. Arman ne nous mettait-il pas en garde contre cette société qui hisse au sommet de l'échelle sociale l'homme qui possède le plus de choses ? Hélas ! L'apparence est de mise.
Les trente Glorieuses, période tant chérie par nos ainés, se mutent en un monstre ; destruction innommable des richesses naturelles, télévision à outrance, peopolisation avec ces codes d'apparence, l'acceptation des salaires indécents des dits « élites »... Bienvenue dans la société du marketing, et de la communication où ce qui importe est ton potentiel d'achat, d'heures de visualisation des programmes télévisuels... Abats l'égalité entre les êtres humains, l'Amour et la Liberté.
Cette société de la surconsommation nous plonge dans un état comateux où les marches des politiques gonflés d'ambitions, où l'état apocalyptique du monde nous indiffère. Il était un temps où les hommes se seraient levés depuis bien longtemps.
DOSSIER I \\ Les conditions qui ont amenées vers la société de consommation
« Ne pas être soi, c’est être autre. En latin alienus. Ne pas être soi, pour être perpétuellement autre, c’est être aliéné. L’idéologie qui sous-tend la consommation est une forme d’aliénation ».
Les conditions qui nous ont amenés vers la société de consommation, sont issues d’une façon de percevoir la fonction de la science économique comme un moyen de comprendre les échanges et la production, pour l’optimiser et combler les manques, satisfaire les besoins, aujourd’hui un produit à vendre est aussi une pulsion à satisfaire.
Que ce qui est produit soit une marchandise à vendre ou un bien à redistribuer importe peu, ce sont deux versants qui reflètent une nécessité s’inscrivant dans les mentalités au cours des siècles, des pénuries, guerres, famines... L’économie productiviste communiste ou capitaliste, sont des économies de pénurie. Au 19e siècle (en passant sur les raisons et causes culturelles, religieuses), des progrès techniques dans la production, un afflux de matières premières, une concentration des moyens de production et des richesses ont caractérisé le début de ce que nous appelons l’ère industrielle. Avec les fondements de l’économie capitaliste, ce « progrès » de production, couplé à une économie productiviste répondant à la vieille logique de croissance pour combler une pénurie, mais aussi une volonté de possession et domination exercée par une classe exploitante et dirigeante, nous fera passer après un long processus d’une société industrielle à une société postindustrielle, dite société de consommation (ou surconsommation).
Dans le productivisme, les 30 glorieuses, ou l’illusion du paradis perdu sont un but que l’on n’atteint jamais.
Imposant la logique de son système le capitalisme à travers le consumérisme véhicule une idéologie totalitaire.
Ce processus d’aliénation rendant impossible la révolte, ôte la volonté des gens, leur libre arbitre.
Après les destructions de la guerre, qui ont entrainé aussi un boum de la production de « guerre », va apparaitre la société de consommation, continuant la surproduction dans un but de conquête économique, mobilisant avec une propagande qui se fait séduction, manipulation, consciente et inconsciente, dans les vues d’écouler les marchandises et d’amasser le plus de profits.
Cette même économie opère une colonisation qui au même titre que les colonisateurs qui jadis apportaient la civilisation cachée sous de bons sentiments, mais une colonisation de l’esprit. Amenant l’humanité inéluctablement à son autodestruction, son auto consommation, la rendant cropophage, aliénée dans une jouissance du perpétuel présent, couvée dans un processus infantilisant, dans l’idiocratie médiatico-capitaliste.
Le rêve américain, le paradis perdu, la croissance pleine et le plein emploi des trente glorieuses sont comme une carotte pour adoucir les coups de bâton sur notre vieille carcasse de bête de somme.
Paupérisé, précarisé dans le trop-plein et le trop vide, nos consciences occupées, colonisées perdent le sens de la vie, le capitalisme consumériste produisant une révolution négative inverse les échelles de valeurs. Un commentaire de beigbeder pseudojournaliste sur la pub illustre bien cet état d’esprit ; « la publicité vous apprend à glisser sur la vague, sans voir qu’elle se déplace sur du vide. »
Les vitrines et les pubs remplissent nos yeux et nos consciences. Les distributeurs de billets et les credits a la consommation tournent a plein. « Travailler plus pour gagner plus », on multiplie les desirs a l’infini, desirant ce qu’on a pas et se desinteressant, insatisfait de ce que l’on a. Insatisfait de quoi, la societe de consommation, le capitalisme, la croissance, l’emploi, promettent de remplir nos desirs, nous rendre heureux, nous faire jouir de la vie, « on cree un consommateur pour le produit et non plus seulement un produit pour le consommateur »
Pour que le consommateur continu a acheter y compris quand il n’en a pas besoin ou les moyens, on suscite l’envie en permanence. Plus qu’un produit, on vous vend un reve, devenir un tigre en mangeant des cereales, etre la femme de la tele pour qui tout vaut, en mettant de la creme sur le visage, etc. Bien sur on ne peut s’epanouir avec de l’actimel on n’est pas plus libre chausse de nike, mais la pub vous en persuadera. On apporte les mauvaises reponses a des manques qui cachent parfois bien plus, insatisfait frustre par votre achat qui ne vous a pas rendu comme superman, vous deplacez votre frustration vers la premiere sollicitation qu’on vous met sous le nez. Sature de desirs d’insatisfaction, vous finissez par ne plus vous demander ce qu’il vous faut vraiment, tout est fait pour que vous ne vous le demandiez jamais, en consequence drogue dans le desir du desir, « l’envie d’avoir envie », vous reagissez d’une façon pulsionnelle par stimuli. Ce trop plein de vide, tue l’envie, alors on demultiplie les desirs pour alimenter les fausses envies qui bien sur soit ne sont jamais atteintes soit nous laissent frustre.
Ce systeme a son armee, ses chiens de garde qui vivent de lui, c’est le consommateur et toute objection, ou tentative alternative est sabotee, il ne peut y avoir que la logique de big brother, la matrice cree ses propres regles, illusion que l’on met en permanence devant nos yeux pour qu’elle puisse nous consommer. Matiere premiere, producteur, consommateur et produit, l’homme devient un rouage que l’on utilise et que l’on jette s’il ne sert plus ou s’il est « casse ».
C’est veritablement une ideologie totalitaire qui opere constamment cache sous le masque de la seduction, la propagande, la manipulation, la communication, le marketing, et maintenant le psychomarketing, nous oriente activement vers notre raison d’etre, notre fonction, dans le systeme, consommer/produire. Toute remise en cause devient heretique, alors qu’il faudrait remettre en cause cette societe, ces fondements, son organisation, d’une façon urgente et radicale, les opposants sont chasses intellectuellement, socialement, quand ils ne sont pas exclus ou enfermes. Les damnes du capitalisme, croupissent dans les prisons, dans les hopitaux psychiatriques, faisant tourner a plein l’industrie pharmaceutique, nous creant ainsi les problemes et la solution qui va avec. L’epuisement, l’assechement des individus est rebooste.
Comme l’engrais que l’on met pour continuer a recolter une terre surexploitee qui ne sert plus que de support. Une pensee dominante un conformisme et une normalisation poussee a l’exces, laissent planer une « horreur binaire ambiante ». Dans un mimetisme social et un reglage au pas des masses, une coercition permanente s’exerce sur les moutons noirs, l’esprit du temps se fait pensee dominante et bientot terrorisme psychologique. Nous sommes bien dans une societe vehiculant une ideologie totalitaire, la consommation en gros, avec ses mythes et ses symboles, et une violence symbolique et reelle faite aux recalcitrants.
Annihile l’homme n’utilise plus qu’une partie de son potentiel. Le bonheur qui est bien different et superieur que le plaisir, necessite que l’on soit. Mais vivant en permanence dans le « ça », nous devenons incapable de construire notre moi et sur-moi. En resulte une violence de la societe, dans laquelle vivent des gens qui ne savent plus etre humains.
Ce processus d’alienation rend impossible la revolte. Abeti par le matraquage publicitaire, le flux permanent occupe les espaces vides des jeunes consciences, jusqu’aux interstices. Omnipresente cette illusion collective, finit par tout dire, repondre a tout avant qu’on se pose la moindre question. Cette illusion devient la realite la seule que nous connaissons, dans laquelle nous sommes assimiles, big brother is watching you !
Cette civilisation, antihumaniste, pas du tout civilisee, cree une culture, une contreculture qui prone l’individualisme, un oubli dans le troupeau. La sensiblerie, l’etalage de porno, les bons sentiments, une pensee dominante simpliste sur l’ego et debilitante, ne satisfait ni besoin d’amour ni de spiritualite ni de sens. Le gnangnan, le simple, le « concret » deviennent l’exemple a suivre, la novlangue s’impose et on etouffe les cris de resistance, dormez bien braves gens, on s’occupe de tout. Reclu dans un cloaque, enferme dans notre esprit, le systeme qui dote le specimen d’un logiciel matriciel des l’enfance, lui promet la securite, pour lui faire accepter le collier, l’enclos. Ne sachant pas etre libre, ne sachant que faire de cette liberte et de cette inconnue, du monde de la vie qui nous tend les bras nous croupissons dans notre trou dans un deni morbide de ce que nous sommes.
Mais l’etat capitaliste, comme toute forme d’etat de systeme totalitaire prend « ses abstractions pour des realites ». Les puissants consumes dans leur nevrose de domination, ne voient leur propre perte, et dans sa tentative de perpetuation, de survie le systeme produit des erreurs, cafouille, exclut les individus qu’il ne cerne pas bien. Dans l’implantation des logiciels sociaux se produisent des erreurs, certains decrochent et finissent par voir les coulisses du decor, la realite derriere, l’illusion et partent pour croatane, sion existe ! Et tant qu’il existera un petit groupe pour y croire, ils seront comme un virus pour la matrice qu’est la societe de consommation, engendree par ce neofascisme, qu’est la mondialisation capitaliste.
Detruire cette societe, empecher de nuire ce fleau necessite que l’on s’attaque a ses illusions a ses symboles tant immateriel que materiel. Seules des attaques portees de l’exterieur en son sein, sur ces structures de controle que sont les images, la pub, la marketisation de la vie, la marchandisation des esprits, permettront de s’en liberer. Une revolution, une contreculture sont necessaires, des zones liberees doivent emerger un peu partout, verolant le systeme, dans une « psychologie de la liberation », ici et maintenant, car c’est en se redressant et non pas dans l’attente du bon berger, que l’on devient un homme.
« Ici, avec une miche de pain sous la branche, une bouteille de vin, un livre de poesie - et toi a mes cotes, chantant dans la nature, - et la nature qui est maintenant un paradis.
Ah ! Mon aimee, remplis ma coupe qui libere l’aujourd’hui des douleurs passees et des craintes futures - demain? Oui, demain je pourrais etre moi-meme avec les sept-mille ans d’hier.
Ah ! Mon amour, puissions-nous conspirer toi et moi avec le magicien pour capturer tout cet ordre triste des choses, sans pourtant le detruire - et le refaire alors selon le desir du coeur ! » (Omar fitzgerald).
Les objets, la télévision, les portables, les voitures par exemple, deviennent nos yeux, nos oreilles et notre voix, nos jambes. Elles sont des illusions qui nous bercent, elles doivent être renversées, sous peine de quoi, nous mourrons d’abord d’esprit, puis de corps, en passant à côté de l’essentiel, vivre, rêver, et ne pas laisser un être factice, un reflet nous conduire par la main vers l’oubli, le néant et la fin de notre non-existence.
Cette mise en esclavage de l’humanite a dure, mais ne peut plus durer, arrivee a saturation notre planete est arrivee au bout de ses ressources ; pillee, la terre risque d’une façon globale d’etre entrainee dans le tourbillon de nos delires, reve fou de quelques-uns, qui pour continuer a jouir asservissent et detruisent le monde et l’humanite.
« L’histoire, le materialisme, le monisme, le positivisme, et tous les mots en “ismes” de ce monde sont des outils vieux et rouilles dont je n’ai plus besoin et auxquels je ne prete plus attention. Mon principe c’est la vie, ma fin c’est la mort. Je veux vivre ma vie intensement pour embrasser ma vie tragiquement. Vous attendez la revolution ? La mienne a commence il y a longtemps ! Quand vous serez prets (mon dieu, quelle attente sans fin !), Je ferai volontiers un bout de chemin avec vous. Mais quand vous vous arreterez, je continuerai ma voie folle et triomphale vers la grande et sublime conquete du neant ! Toute societe que vous batirez aura ses limites. Et en dehors des limites de toute societe, les clochards heroïques et turbulents erreront, avec leurs pensees vierges et sauvages - eux qui ne peuvent vivre sans concevoir de toujours nouveaux et terribles eclatements de rebellion ! Je serai parmi eux ! Et apres moi, comme avant moi, il y aura ceux qui disent a leurs freres : “tournez-vous vers vous-memes plutot que vers vos dieux ou vos idoles. Decouvrez ce qui se cache en vous-memes ; ramenez-le a la lumiere ; montrez-vous !” Parce que toute personne qui, cherchant dans sa propre interiorite, extrait ce qui y etait cache mysterieusement est une ombre qui eclipse toute forme de societe pouvant exister sous le soleil ! Toutes les societes tremblent quand l’aristocratie meprisante des clochards, les inaccessibles, les uniques, les maitres de l’ideal et les conquerants du neant avance resolument. Avancez donc iconoclastes ! En avant ! “Deja le ciel menaçant devient noir et silencieux !” » Renzo novatore, arcola janvier 1920.
Les conditions qui nous ont amenés vers la société de consommation, sont issues d’une façon de percevoir la fonction de la science économique comme un moyen de comprendre les échanges et la production, pour l’optimiser et combler les manques, satisfaire les besoins, aujourd’hui un produit à vendre est aussi une pulsion à satisfaire.
Que ce qui est produit soit une marchandise à vendre ou un bien à redistribuer importe peu, ce sont deux versants qui reflètent une nécessité s’inscrivant dans les mentalités au cours des siècles, des pénuries, guerres, famines... L’économie productiviste communiste ou capitaliste, sont des économies de pénurie. Au 19e siècle (en passant sur les raisons et causes culturelles, religieuses), des progrès techniques dans la production, un afflux de matières premières, une concentration des moyens de production et des richesses ont caractérisé le début de ce que nous appelons l’ère industrielle. Avec les fondements de l’économie capitaliste, ce « progrès » de production, couplé à une économie productiviste répondant à la vieille logique de croissance pour combler une pénurie, mais aussi une volonté de possession et domination exercée par une classe exploitante et dirigeante, nous fera passer après un long processus d’une société industrielle à une société postindustrielle, dite société de consommation (ou surconsommation).
Dans le productivisme, les 30 glorieuses, ou l’illusion du paradis perdu sont un but que l’on n’atteint jamais.
Imposant la logique de son système le capitalisme à travers le consumérisme véhicule une idéologie totalitaire.
Ce processus d’aliénation rendant impossible la révolte, ôte la volonté des gens, leur libre arbitre.
Après les destructions de la guerre, qui ont entrainé aussi un boum de la production de « guerre », va apparaitre la société de consommation, continuant la surproduction dans un but de conquête économique, mobilisant avec une propagande qui se fait séduction, manipulation, consciente et inconsciente, dans les vues d’écouler les marchandises et d’amasser le plus de profits.
Cette même économie opère une colonisation qui au même titre que les colonisateurs qui jadis apportaient la civilisation cachée sous de bons sentiments, mais une colonisation de l’esprit. Amenant l’humanité inéluctablement à son autodestruction, son auto consommation, la rendant cropophage, aliénée dans une jouissance du perpétuel présent, couvée dans un processus infantilisant, dans l’idiocratie médiatico-capitaliste.
Le rêve américain, le paradis perdu, la croissance pleine et le plein emploi des trente glorieuses sont comme une carotte pour adoucir les coups de bâton sur notre vieille carcasse de bête de somme.
Paupérisé, précarisé dans le trop-plein et le trop vide, nos consciences occupées, colonisées perdent le sens de la vie, le capitalisme consumériste produisant une révolution négative inverse les échelles de valeurs. Un commentaire de beigbeder pseudojournaliste sur la pub illustre bien cet état d’esprit ; « la publicité vous apprend à glisser sur la vague, sans voir qu’elle se déplace sur du vide. »
Les vitrines et les pubs remplissent nos yeux et nos consciences. Les distributeurs de billets et les credits a la consommation tournent a plein. « Travailler plus pour gagner plus », on multiplie les desirs a l’infini, desirant ce qu’on a pas et se desinteressant, insatisfait de ce que l’on a. Insatisfait de quoi, la societe de consommation, le capitalisme, la croissance, l’emploi, promettent de remplir nos desirs, nous rendre heureux, nous faire jouir de la vie, « on cree un consommateur pour le produit et non plus seulement un produit pour le consommateur »
Pour que le consommateur continu a acheter y compris quand il n’en a pas besoin ou les moyens, on suscite l’envie en permanence. Plus qu’un produit, on vous vend un reve, devenir un tigre en mangeant des cereales, etre la femme de la tele pour qui tout vaut, en mettant de la creme sur le visage, etc. Bien sur on ne peut s’epanouir avec de l’actimel on n’est pas plus libre chausse de nike, mais la pub vous en persuadera. On apporte les mauvaises reponses a des manques qui cachent parfois bien plus, insatisfait frustre par votre achat qui ne vous a pas rendu comme superman, vous deplacez votre frustration vers la premiere sollicitation qu’on vous met sous le nez. Sature de desirs d’insatisfaction, vous finissez par ne plus vous demander ce qu’il vous faut vraiment, tout est fait pour que vous ne vous le demandiez jamais, en consequence drogue dans le desir du desir, « l’envie d’avoir envie », vous reagissez d’une façon pulsionnelle par stimuli. Ce trop plein de vide, tue l’envie, alors on demultiplie les desirs pour alimenter les fausses envies qui bien sur soit ne sont jamais atteintes soit nous laissent frustre.
Ce systeme a son armee, ses chiens de garde qui vivent de lui, c’est le consommateur et toute objection, ou tentative alternative est sabotee, il ne peut y avoir que la logique de big brother, la matrice cree ses propres regles, illusion que l’on met en permanence devant nos yeux pour qu’elle puisse nous consommer. Matiere premiere, producteur, consommateur et produit, l’homme devient un rouage que l’on utilise et que l’on jette s’il ne sert plus ou s’il est « casse ».
C’est veritablement une ideologie totalitaire qui opere constamment cache sous le masque de la seduction, la propagande, la manipulation, la communication, le marketing, et maintenant le psychomarketing, nous oriente activement vers notre raison d’etre, notre fonction, dans le systeme, consommer/produire. Toute remise en cause devient heretique, alors qu’il faudrait remettre en cause cette societe, ces fondements, son organisation, d’une façon urgente et radicale, les opposants sont chasses intellectuellement, socialement, quand ils ne sont pas exclus ou enfermes. Les damnes du capitalisme, croupissent dans les prisons, dans les hopitaux psychiatriques, faisant tourner a plein l’industrie pharmaceutique, nous creant ainsi les problemes et la solution qui va avec. L’epuisement, l’assechement des individus est rebooste.
Comme l’engrais que l’on met pour continuer a recolter une terre surexploitee qui ne sert plus que de support. Une pensee dominante un conformisme et une normalisation poussee a l’exces, laissent planer une « horreur binaire ambiante ». Dans un mimetisme social et un reglage au pas des masses, une coercition permanente s’exerce sur les moutons noirs, l’esprit du temps se fait pensee dominante et bientot terrorisme psychologique. Nous sommes bien dans une societe vehiculant une ideologie totalitaire, la consommation en gros, avec ses mythes et ses symboles, et une violence symbolique et reelle faite aux recalcitrants.
Annihile l’homme n’utilise plus qu’une partie de son potentiel. Le bonheur qui est bien different et superieur que le plaisir, necessite que l’on soit. Mais vivant en permanence dans le « ça », nous devenons incapable de construire notre moi et sur-moi. En resulte une violence de la societe, dans laquelle vivent des gens qui ne savent plus etre humains.
Ce processus d’alienation rend impossible la revolte. Abeti par le matraquage publicitaire, le flux permanent occupe les espaces vides des jeunes consciences, jusqu’aux interstices. Omnipresente cette illusion collective, finit par tout dire, repondre a tout avant qu’on se pose la moindre question. Cette illusion devient la realite la seule que nous connaissons, dans laquelle nous sommes assimiles, big brother is watching you !
Cette civilisation, antihumaniste, pas du tout civilisee, cree une culture, une contreculture qui prone l’individualisme, un oubli dans le troupeau. La sensiblerie, l’etalage de porno, les bons sentiments, une pensee dominante simpliste sur l’ego et debilitante, ne satisfait ni besoin d’amour ni de spiritualite ni de sens. Le gnangnan, le simple, le « concret » deviennent l’exemple a suivre, la novlangue s’impose et on etouffe les cris de resistance, dormez bien braves gens, on s’occupe de tout. Reclu dans un cloaque, enferme dans notre esprit, le systeme qui dote le specimen d’un logiciel matriciel des l’enfance, lui promet la securite, pour lui faire accepter le collier, l’enclos. Ne sachant pas etre libre, ne sachant que faire de cette liberte et de cette inconnue, du monde de la vie qui nous tend les bras nous croupissons dans notre trou dans un deni morbide de ce que nous sommes.
Mais l’etat capitaliste, comme toute forme d’etat de systeme totalitaire prend « ses abstractions pour des realites ». Les puissants consumes dans leur nevrose de domination, ne voient leur propre perte, et dans sa tentative de perpetuation, de survie le systeme produit des erreurs, cafouille, exclut les individus qu’il ne cerne pas bien. Dans l’implantation des logiciels sociaux se produisent des erreurs, certains decrochent et finissent par voir les coulisses du decor, la realite derriere, l’illusion et partent pour croatane, sion existe ! Et tant qu’il existera un petit groupe pour y croire, ils seront comme un virus pour la matrice qu’est la societe de consommation, engendree par ce neofascisme, qu’est la mondialisation capitaliste.
Detruire cette societe, empecher de nuire ce fleau necessite que l’on s’attaque a ses illusions a ses symboles tant immateriel que materiel. Seules des attaques portees de l’exterieur en son sein, sur ces structures de controle que sont les images, la pub, la marketisation de la vie, la marchandisation des esprits, permettront de s’en liberer. Une revolution, une contreculture sont necessaires, des zones liberees doivent emerger un peu partout, verolant le systeme, dans une « psychologie de la liberation », ici et maintenant, car c’est en se redressant et non pas dans l’attente du bon berger, que l’on devient un homme.
« Ici, avec une miche de pain sous la branche, une bouteille de vin, un livre de poesie - et toi a mes cotes, chantant dans la nature, - et la nature qui est maintenant un paradis.
Ah ! Mon aimee, remplis ma coupe qui libere l’aujourd’hui des douleurs passees et des craintes futures - demain? Oui, demain je pourrais etre moi-meme avec les sept-mille ans d’hier.
Ah ! Mon amour, puissions-nous conspirer toi et moi avec le magicien pour capturer tout cet ordre triste des choses, sans pourtant le detruire - et le refaire alors selon le desir du coeur ! » (Omar fitzgerald).
Les objets, la télévision, les portables, les voitures par exemple, deviennent nos yeux, nos oreilles et notre voix, nos jambes. Elles sont des illusions qui nous bercent, elles doivent être renversées, sous peine de quoi, nous mourrons d’abord d’esprit, puis de corps, en passant à côté de l’essentiel, vivre, rêver, et ne pas laisser un être factice, un reflet nous conduire par la main vers l’oubli, le néant et la fin de notre non-existence.
Cette mise en esclavage de l’humanite a dure, mais ne peut plus durer, arrivee a saturation notre planete est arrivee au bout de ses ressources ; pillee, la terre risque d’une façon globale d’etre entrainee dans le tourbillon de nos delires, reve fou de quelques-uns, qui pour continuer a jouir asservissent et detruisent le monde et l’humanite.
« L’histoire, le materialisme, le monisme, le positivisme, et tous les mots en “ismes” de ce monde sont des outils vieux et rouilles dont je n’ai plus besoin et auxquels je ne prete plus attention. Mon principe c’est la vie, ma fin c’est la mort. Je veux vivre ma vie intensement pour embrasser ma vie tragiquement. Vous attendez la revolution ? La mienne a commence il y a longtemps ! Quand vous serez prets (mon dieu, quelle attente sans fin !), Je ferai volontiers un bout de chemin avec vous. Mais quand vous vous arreterez, je continuerai ma voie folle et triomphale vers la grande et sublime conquete du neant ! Toute societe que vous batirez aura ses limites. Et en dehors des limites de toute societe, les clochards heroïques et turbulents erreront, avec leurs pensees vierges et sauvages - eux qui ne peuvent vivre sans concevoir de toujours nouveaux et terribles eclatements de rebellion ! Je serai parmi eux ! Et apres moi, comme avant moi, il y aura ceux qui disent a leurs freres : “tournez-vous vers vous-memes plutot que vers vos dieux ou vos idoles. Decouvrez ce qui se cache en vous-memes ; ramenez-le a la lumiere ; montrez-vous !” Parce que toute personne qui, cherchant dans sa propre interiorite, extrait ce qui y etait cache mysterieusement est une ombre qui eclipse toute forme de societe pouvant exister sous le soleil ! Toutes les societes tremblent quand l’aristocratie meprisante des clochards, les inaccessibles, les uniques, les maitres de l’ideal et les conquerants du neant avance resolument. Avancez donc iconoclastes ! En avant ! “Deja le ciel menaçant devient noir et silencieux !” » Renzo novatore, arcola janvier 1920.
DOSSIER I \\ L’horizon indépassable de 1789
La Révolution crée un nouvel imaginaire qui inverse la source du pouvoir. Avant elle était transcendante et découlait de Dieu. Désormais elle émane du peuple.
Les principes déterminés par la nouvelle classe au pouvoir issue de la révolution et qui avaient été rendus possible par la victoire du peuple, sont évidemment favorables à la bourgeoisie et marque sa victoire sur la monarchie absolue, mais également sur les aspirations populaires qui sont une menace pour ses intérêts. Ces principes sont : séparation du pouvoir politique de l’état de la société civile, égalité (de principe) devant la loi (de principe et non de fait, démocratie représentative et parlementaire, protection de la propriété privée (quelle qu’en soit le niveau). Ce « nouveau bloc imaginaire » définit, délimite et régit désormais l’univers mental des représentations, symbole, idéologie politique, incluant toute idée ne remettant pas en cause les fondements de son pouvoir et excluant, marginalisant de fait les idées qui la débordent et ou dépassent.
Cette coercition sociale retombe aussi sur les individus qui pour quelque raison que se soit, défendent des idées devenues hors normes. Cette marginalisation est plus ou moins violente suivant le niveau d’antagonisme de classe et le conformisme à l’horizon acceptable de la démocratie. En effet dans notre société d’ hyper consommation, où la norme et le conformisme sont exacerbés, et malgré la légalité imposée par l’histoire de l’expression du peuple et de ses volontés à travers la grève, on constate une répression ouverte , juridique, sécuritaire, sociale de toute personne remettant le système en cause de façon radicale, c’est à dire dans ses fondements même (qui établissent politiquement la domination du modèle économique capitaliste). Ainsi peut-on constater par exemple comment une simple dégradation de matériel, dans l’affaire des inculpés de Tarnac, conduit à une accusation de terrorisme, anathème indéfendable au vu de l’histoire récente, faisant risquer au présumé innocent une vingtaine d’années renouvelable « si danger pour la société », bien sûr incarné et personnifié par Sarkozy le petit. Remettant à l’ordre du jour du même coup des équivalents, de la lettre de cachet d’ancien régime (pour le temps d’emprisonnement illimité) et les lois d’exceptions dite scélérates qui emprisonnaient toute personne convaincue d’anarchisme, condamnant non pas l’infraction à la loi mais les idées.
La révolution révèle deux types de liberté, l’une des anciens, qui plonge son origine dans la démocratie antique des grecques, l’autre des modernes, dont Benjamin Constant, modèle des libéraux parle. Pourtant aujourd’hui dans l’esprit des gens existe une confusion entre ces deux types de liberté la première positive, la deuxième négative.
La démocratie des grecs fait découler le pouvoir politique pour la première fois non plus des dieux mais du peuple, le démos. La liberté naît de la participation collective au sein de l’agora des citoyens, ils sont acteurs de ce pouvoir et non pas sujets. Ceci est volonté positive ou pouvoir de faire collectivement potentia (la puissance). L’autre liberté celle des modernes découle du pouvoir de l’état, séparé de la société civile. Ce pouvoir, ou potestas , est le légitimitée de contraindre et d’imposer l’ordre dans ce cas capitaliste. Cette liberté de par son aspect entendu historiquement, est sur la défensive, car ce sont des droits déjà acquis, qu’il faut défendre. En effet, dans ce « système » on ne lutte pas pour obtenir ou imposer de nouveaux droits, mais pour conserver ceux déjà acquis. L’état par son existence en dehors ou au-dessus de la société civile finit par se dissocier de la volonté des citoyens, voire s’en défendre, en allant alors contre la liberté de ceux-ci. L’état est donc le pouvoir, la nation, il n’est plus le peuple, il n’est plus le pouvoir émanant du peuple, il n’est plus une démocratie. Ce pouvoir est une dictature molle à apparence démocratique, jouant sur la confusion historique dans l’esprit des gens issue de la révolution, jouant aussi sur l’amnésie généralisée, ce système reprend l’image caricaturale d’une démocratie telle que le peuple la connait, telle qui l’a comprise et lui renvoie cette image. D’autres régimes dictatoriaux par exemple moins subtiles l’ont compris, c’est ainsi que l’on peut voir par exemple un Poutine, brandir le vote du peuple pour élire ses maîtres, ou le respect de la propriété privée et ainsi dire « nous sommes une démocratie ». Mais la démocratie qui fonde la liberté des individus dans la société, ne peut pas être résumée au suffrage universel ou au droit de commercer « librement » entre possédants.
La révolution dans les principes quelle développe, est héritière aux yeux de la bourgeoisie de la pensée de hobbes, locke, montesquieu, rousseau. La démocratie libérale bourgeoise rend inséparable l’existence de celle-ci de l’état de droit et de la représentation du pouvoir. Souvent l’argument pour justifier cette dissociation, qui n’était pas présente à l’origine dans l’idée de démocratie entre l’état et le peuple est expliqué par le fait que le peuple n’a pas le temps, ni l’envie, ni la capacité de gouverner, le rôle revient bien sûr à une élite éclairée. Certes le peuple enchainé à la nécessité du quotidien n’a pas le temps de se consacrer à la cité, harassé il n’en a pas non plus l’envie, l’état par sa vue d’ensemble, de son nuage, verrait mieux que les individus ce qu’il leur faut. Baliverne, certes le citoyen a besoin de temps pour remplir son rôle, de connaissances auxquelles il doit avoir accès sans limitation, car connaître et comprendre la réalité est le seul moyen de la changer, mais dire qu’il n’est pas bien placé pour savoir ce qu’il veut pour sa vie est un mensonge qui cache une autre réalité, il n’a plus le pouvoir de décider. Malheureusement, les seuls moments de l’histoire où le peuple l’a eu c’est quand il était en arme et qu’il imposait sa volonté par la menace ou la force. C’est pourquoi un des inspirateurs de la démocratie moderne john Locke a pu dire que si les législateurs « tentent de saisir et de détruire les biens du peuple, ou de le réduire à l’esclavage d’un pouvoir arbitraire, ils entrent en guerre contre lui ; dès lors il est dispensé d’obéir » (dans le même esprit, voir l’article 35 de la constitution de 1793).
L’idée-force de la souveraineté du peuple, qui venait de l’antiquité et de la démocratie directe, cette idée que le pouvoir politique émane de la société (la polis), des citoyens quel qu’ils soient et qu’il est exercé par eux. Ceci représentait une menace aussi bien pour la monarchie que pour la convention nationale pouvoir bourgeois issue de la révolution.
En dépossédant le citoyen du pouvoir politique qu’il délègue, le parlement met un terme à l’idéal d’un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », car « A l’instant que le peuple se donne des représentants, il n’est plus libre, il n’est plus» (Rousseau).
Au moment où la Révolution temporairement se clôt par le coup d’état de Napoléon, la bourgeoisie l’emporte en fixant définitivement et historiquement les limites de la démocratie à son profit rejetant tout autre forme de démocratie y compris celle(s) qui refléterait plus fidèlement les aspirations du peuple, qui subjectivement commence à ce vivre comme lui étant antagoniste.
Certains comme fukuyama, ont pu prôner la fin de l’histoire. Mais cette constatation ne reflète qu’une supercherie au vu de cette même histoire, ça serait la fin des grands récits, le peuple ne pourrait plus imprimer sa volonté au cours des évènements, alors même que cette « fin d’histoire », ces événements qui seraient l’acte ultime et dernier de libération, est la résultante de cette volonté.
Après 1945 et le désarmement du peuple en arme dans les rangs des FFI par De gaule, après 1968 la dernière « poussée » révolutionnaire, ce discours pousse dans les consciences cette idée de fin d’histoire. La population comprenant qu’elle ne peut plus être l’instigatrice d’un pouvoir institué par elle même, tombe dans un repli apolitique et acritique les retranchant « à la sphère sans relief de leurs affaires, de leur maison, de leur travail, de leur télévision, de leur loisirs ». Les citoyens retranché à leur sphère privée « occupés qu’ils le sont dans l’idiotie sans poids de leur affaires personnelles », se sentent de plus en plus isolés, désarmés dans un tissu social désormais trop distendu pour produire une réaction de classe du peuple.
Rousseau parlait de « volonté générale », terme vague qui laisse penser à certain que c’est celle du peuple, pour ceux qui sont au pouvoir c’est ce qui est bien pour le peuple, confondant souvent leurs intérêts, ceux du peuple, dans une entité encore moins nette, l’intérêt de la nation. De ce fait déportant l’intérêt du peuple à la nation c’est à dire l’état. Dans une démocratie la société nait du pouvoir du peuple, elle n’est pas insufflée par le haut, par l’état. Cette dépossession du pouvoir instituant du peuple, potestas est une expropriation opérée par ces nouveaux maîtres et par la perte du sens de l’histoire du peuple.
Louis Blanc dans son histoire de la révolution (1847) dit que si la bourgeoisie a vraiment gagné avec la révolution, elle n’avait pour le peuple qu’une valeur symbolique. Plus tard la révolution de 1830 organisée par la bourgeoisie libérale et préparée au péril jacobin, a réussi à démobiliser le peuple avant qu’il s’aperçoive qu’il avait été trompé. Malheureusement même quand le peuple en arme est maître du pouvoir il finit par se le faire perdre car « rééduquer le peuple dans l’amour de la liberté est plus difficile que de conquérir la liberté » (Babeuf ).
Aujourd’hui élevé dans un bain de peur permanent, on essaie d’associer dans les consciences l’idée de révolution à la terreur jacobine et montagnarde. Confusion entre dictature du peuple, venant d’en bas et la dictature de type bonapartiste et jacobine venant d’en haut. Robespierre considéré comme un des révolutionnaires les plus radicaux substitue l’action du peuple à une action au nom du peuple. Cet intérêt général qui se confondra plus tard avec la raison d’état. Certes la révolution fut violente, elle le fut bien moins que les tortures et persécutions qu’a subies le peuple durant l’ancien régime. Tout mettre dans le même sac c’est aussi ridicule que de comparer la violence d’une vitrine de banque brisée aux violences des matraques, des gaz, ou bien des violences sociales et économiques, que la société endure, ou alors parler de violence pour une pierre jetée sur un crs surarmé et parler de pacification contre les terroristes islamistes, lorsque l’on bombarde les populations civiles en apportant dit-on la démocratie et la liberté au bout du fusil d’une armée d’invasion. D’ailleurs pour illustrer cette falsification historique il est intéressant de laisser parler un éminent homme politique et défenseur de la liberté, un politicien de cette gauche « sérieuse » dite de gouvernement, Michel Rocard. Il dit dans faite au bicentenaire de la Révolution que l’intérêt de 1789 c’est « d’avoir convaincu beaucoup de gens que la révolution, c’est dangereux et que, si on peut en faire l’économie, ce n’est pas plus mal ».
La population est endormie par le régime dans une jolie histoire fondatrice qui fait de nos conquêtes des chimères, nous interdisant tout renouvellement de cet acte fondateur qui fut cependant si « constructif » pour les français. Elasse nous avons oublié que «Empêcher la transcroissance de la révolution bourgeoise en révolution prolétarienne, faire les choses à demi, c’est s’exposer à perdre ce qui a été conquis ; laisser subsister un seul privilège, c’est s’exposer à les voir renaître tous ».
Walter benjamin dit « quiconque domine est toujours l’héritier des vainqueur », on peu dire aussi que les dominés sont les héritiers des vaincus de l’histoire. Mais chaque bataille qui n’a pas consacré la victoire du peuple, mais qui l’en a rapproché oblige les puissants à reconnaître ces libertés, au risque de voir ce peuple déterrer la hache de guerre, du moins tant que ce peuple garde la mémoire des luttes donc des libertés gagnées dans le passé.
On ne peut nier qu’il existe un cycle des révoltes, comme le disait Marx lorsqu’il comparait la lutte des classes à l’histoire de l’humanité, ce mouvement permanent, révolution, réaction, trahison, répression, est en flux et reflux, il suffit pour ça de ne regarder que l’histoire française. Mais à chaque poussée révolutionnaire La société ne revient jamais totalement sur son point de départ. La révolution un jour recommence et dépasse le stade auquel elle s’était arrêtée, à condition pour cela qu’on s’en souvienne.
Les principes déterminés par la nouvelle classe au pouvoir issue de la révolution et qui avaient été rendus possible par la victoire du peuple, sont évidemment favorables à la bourgeoisie et marque sa victoire sur la monarchie absolue, mais également sur les aspirations populaires qui sont une menace pour ses intérêts. Ces principes sont : séparation du pouvoir politique de l’état de la société civile, égalité (de principe) devant la loi (de principe et non de fait, démocratie représentative et parlementaire, protection de la propriété privée (quelle qu’en soit le niveau). Ce « nouveau bloc imaginaire » définit, délimite et régit désormais l’univers mental des représentations, symbole, idéologie politique, incluant toute idée ne remettant pas en cause les fondements de son pouvoir et excluant, marginalisant de fait les idées qui la débordent et ou dépassent.
Cette coercition sociale retombe aussi sur les individus qui pour quelque raison que se soit, défendent des idées devenues hors normes. Cette marginalisation est plus ou moins violente suivant le niveau d’antagonisme de classe et le conformisme à l’horizon acceptable de la démocratie. En effet dans notre société d’ hyper consommation, où la norme et le conformisme sont exacerbés, et malgré la légalité imposée par l’histoire de l’expression du peuple et de ses volontés à travers la grève, on constate une répression ouverte , juridique, sécuritaire, sociale de toute personne remettant le système en cause de façon radicale, c’est à dire dans ses fondements même (qui établissent politiquement la domination du modèle économique capitaliste). Ainsi peut-on constater par exemple comment une simple dégradation de matériel, dans l’affaire des inculpés de Tarnac, conduit à une accusation de terrorisme, anathème indéfendable au vu de l’histoire récente, faisant risquer au présumé innocent une vingtaine d’années renouvelable « si danger pour la société », bien sûr incarné et personnifié par Sarkozy le petit. Remettant à l’ordre du jour du même coup des équivalents, de la lettre de cachet d’ancien régime (pour le temps d’emprisonnement illimité) et les lois d’exceptions dite scélérates qui emprisonnaient toute personne convaincue d’anarchisme, condamnant non pas l’infraction à la loi mais les idées.
La révolution révèle deux types de liberté, l’une des anciens, qui plonge son origine dans la démocratie antique des grecques, l’autre des modernes, dont Benjamin Constant, modèle des libéraux parle. Pourtant aujourd’hui dans l’esprit des gens existe une confusion entre ces deux types de liberté la première positive, la deuxième négative.
La démocratie des grecs fait découler le pouvoir politique pour la première fois non plus des dieux mais du peuple, le démos. La liberté naît de la participation collective au sein de l’agora des citoyens, ils sont acteurs de ce pouvoir et non pas sujets. Ceci est volonté positive ou pouvoir de faire collectivement potentia (la puissance). L’autre liberté celle des modernes découle du pouvoir de l’état, séparé de la société civile. Ce pouvoir, ou potestas , est le légitimitée de contraindre et d’imposer l’ordre dans ce cas capitaliste. Cette liberté de par son aspect entendu historiquement, est sur la défensive, car ce sont des droits déjà acquis, qu’il faut défendre. En effet, dans ce « système » on ne lutte pas pour obtenir ou imposer de nouveaux droits, mais pour conserver ceux déjà acquis. L’état par son existence en dehors ou au-dessus de la société civile finit par se dissocier de la volonté des citoyens, voire s’en défendre, en allant alors contre la liberté de ceux-ci. L’état est donc le pouvoir, la nation, il n’est plus le peuple, il n’est plus le pouvoir émanant du peuple, il n’est plus une démocratie. Ce pouvoir est une dictature molle à apparence démocratique, jouant sur la confusion historique dans l’esprit des gens issue de la révolution, jouant aussi sur l’amnésie généralisée, ce système reprend l’image caricaturale d’une démocratie telle que le peuple la connait, telle qui l’a comprise et lui renvoie cette image. D’autres régimes dictatoriaux par exemple moins subtiles l’ont compris, c’est ainsi que l’on peut voir par exemple un Poutine, brandir le vote du peuple pour élire ses maîtres, ou le respect de la propriété privée et ainsi dire « nous sommes une démocratie ». Mais la démocratie qui fonde la liberté des individus dans la société, ne peut pas être résumée au suffrage universel ou au droit de commercer « librement » entre possédants.
La révolution dans les principes quelle développe, est héritière aux yeux de la bourgeoisie de la pensée de hobbes, locke, montesquieu, rousseau. La démocratie libérale bourgeoise rend inséparable l’existence de celle-ci de l’état de droit et de la représentation du pouvoir. Souvent l’argument pour justifier cette dissociation, qui n’était pas présente à l’origine dans l’idée de démocratie entre l’état et le peuple est expliqué par le fait que le peuple n’a pas le temps, ni l’envie, ni la capacité de gouverner, le rôle revient bien sûr à une élite éclairée. Certes le peuple enchainé à la nécessité du quotidien n’a pas le temps de se consacrer à la cité, harassé il n’en a pas non plus l’envie, l’état par sa vue d’ensemble, de son nuage, verrait mieux que les individus ce qu’il leur faut. Baliverne, certes le citoyen a besoin de temps pour remplir son rôle, de connaissances auxquelles il doit avoir accès sans limitation, car connaître et comprendre la réalité est le seul moyen de la changer, mais dire qu’il n’est pas bien placé pour savoir ce qu’il veut pour sa vie est un mensonge qui cache une autre réalité, il n’a plus le pouvoir de décider. Malheureusement, les seuls moments de l’histoire où le peuple l’a eu c’est quand il était en arme et qu’il imposait sa volonté par la menace ou la force. C’est pourquoi un des inspirateurs de la démocratie moderne john Locke a pu dire que si les législateurs « tentent de saisir et de détruire les biens du peuple, ou de le réduire à l’esclavage d’un pouvoir arbitraire, ils entrent en guerre contre lui ; dès lors il est dispensé d’obéir » (dans le même esprit, voir l’article 35 de la constitution de 1793).
L’idée-force de la souveraineté du peuple, qui venait de l’antiquité et de la démocratie directe, cette idée que le pouvoir politique émane de la société (la polis), des citoyens quel qu’ils soient et qu’il est exercé par eux. Ceci représentait une menace aussi bien pour la monarchie que pour la convention nationale pouvoir bourgeois issue de la révolution.
En dépossédant le citoyen du pouvoir politique qu’il délègue, le parlement met un terme à l’idéal d’un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », car « A l’instant que le peuple se donne des représentants, il n’est plus libre, il n’est plus» (Rousseau).
Au moment où la Révolution temporairement se clôt par le coup d’état de Napoléon, la bourgeoisie l’emporte en fixant définitivement et historiquement les limites de la démocratie à son profit rejetant tout autre forme de démocratie y compris celle(s) qui refléterait plus fidèlement les aspirations du peuple, qui subjectivement commence à ce vivre comme lui étant antagoniste.
Certains comme fukuyama, ont pu prôner la fin de l’histoire. Mais cette constatation ne reflète qu’une supercherie au vu de cette même histoire, ça serait la fin des grands récits, le peuple ne pourrait plus imprimer sa volonté au cours des évènements, alors même que cette « fin d’histoire », ces événements qui seraient l’acte ultime et dernier de libération, est la résultante de cette volonté.
Après 1945 et le désarmement du peuple en arme dans les rangs des FFI par De gaule, après 1968 la dernière « poussée » révolutionnaire, ce discours pousse dans les consciences cette idée de fin d’histoire. La population comprenant qu’elle ne peut plus être l’instigatrice d’un pouvoir institué par elle même, tombe dans un repli apolitique et acritique les retranchant « à la sphère sans relief de leurs affaires, de leur maison, de leur travail, de leur télévision, de leur loisirs ». Les citoyens retranché à leur sphère privée « occupés qu’ils le sont dans l’idiotie sans poids de leur affaires personnelles », se sentent de plus en plus isolés, désarmés dans un tissu social désormais trop distendu pour produire une réaction de classe du peuple.
Rousseau parlait de « volonté générale », terme vague qui laisse penser à certain que c’est celle du peuple, pour ceux qui sont au pouvoir c’est ce qui est bien pour le peuple, confondant souvent leurs intérêts, ceux du peuple, dans une entité encore moins nette, l’intérêt de la nation. De ce fait déportant l’intérêt du peuple à la nation c’est à dire l’état. Dans une démocratie la société nait du pouvoir du peuple, elle n’est pas insufflée par le haut, par l’état. Cette dépossession du pouvoir instituant du peuple, potestas est une expropriation opérée par ces nouveaux maîtres et par la perte du sens de l’histoire du peuple.
Louis Blanc dans son histoire de la révolution (1847) dit que si la bourgeoisie a vraiment gagné avec la révolution, elle n’avait pour le peuple qu’une valeur symbolique. Plus tard la révolution de 1830 organisée par la bourgeoisie libérale et préparée au péril jacobin, a réussi à démobiliser le peuple avant qu’il s’aperçoive qu’il avait été trompé. Malheureusement même quand le peuple en arme est maître du pouvoir il finit par se le faire perdre car « rééduquer le peuple dans l’amour de la liberté est plus difficile que de conquérir la liberté » (Babeuf ).
Aujourd’hui élevé dans un bain de peur permanent, on essaie d’associer dans les consciences l’idée de révolution à la terreur jacobine et montagnarde. Confusion entre dictature du peuple, venant d’en bas et la dictature de type bonapartiste et jacobine venant d’en haut. Robespierre considéré comme un des révolutionnaires les plus radicaux substitue l’action du peuple à une action au nom du peuple. Cet intérêt général qui se confondra plus tard avec la raison d’état. Certes la révolution fut violente, elle le fut bien moins que les tortures et persécutions qu’a subies le peuple durant l’ancien régime. Tout mettre dans le même sac c’est aussi ridicule que de comparer la violence d’une vitrine de banque brisée aux violences des matraques, des gaz, ou bien des violences sociales et économiques, que la société endure, ou alors parler de violence pour une pierre jetée sur un crs surarmé et parler de pacification contre les terroristes islamistes, lorsque l’on bombarde les populations civiles en apportant dit-on la démocratie et la liberté au bout du fusil d’une armée d’invasion. D’ailleurs pour illustrer cette falsification historique il est intéressant de laisser parler un éminent homme politique et défenseur de la liberté, un politicien de cette gauche « sérieuse » dite de gouvernement, Michel Rocard. Il dit dans faite au bicentenaire de la Révolution que l’intérêt de 1789 c’est « d’avoir convaincu beaucoup de gens que la révolution, c’est dangereux et que, si on peut en faire l’économie, ce n’est pas plus mal ».
La population est endormie par le régime dans une jolie histoire fondatrice qui fait de nos conquêtes des chimères, nous interdisant tout renouvellement de cet acte fondateur qui fut cependant si « constructif » pour les français. Elasse nous avons oublié que «Empêcher la transcroissance de la révolution bourgeoise en révolution prolétarienne, faire les choses à demi, c’est s’exposer à perdre ce qui a été conquis ; laisser subsister un seul privilège, c’est s’exposer à les voir renaître tous ».
Walter benjamin dit « quiconque domine est toujours l’héritier des vainqueur », on peu dire aussi que les dominés sont les héritiers des vaincus de l’histoire. Mais chaque bataille qui n’a pas consacré la victoire du peuple, mais qui l’en a rapproché oblige les puissants à reconnaître ces libertés, au risque de voir ce peuple déterrer la hache de guerre, du moins tant que ce peuple garde la mémoire des luttes donc des libertés gagnées dans le passé.
On ne peut nier qu’il existe un cycle des révoltes, comme le disait Marx lorsqu’il comparait la lutte des classes à l’histoire de l’humanité, ce mouvement permanent, révolution, réaction, trahison, répression, est en flux et reflux, il suffit pour ça de ne regarder que l’histoire française. Mais à chaque poussée révolutionnaire La société ne revient jamais totalement sur son point de départ. La révolution un jour recommence et dépasse le stade auquel elle s’était arrêtée, à condition pour cela qu’on s’en souvienne.
vendredi 8 janvier 2010
DOSSIER I \\ Contexte Historique
La preuve par l’histoire
Au début, la révolte a toujours – du moins dans la mythologie des autorités locales – les deux mêmes caractéristiques : il s’agit seulement d’une « toute petite minorité » de fauteurs de troubles, et « ils n’ont aucun grief légitime ». [Ils commencent] par se choisir un sujet de revendication, […] qui doit d’une manière ou d’une autre pouvoir être relié à un Sujet Sacré. Aux Etats-Unis, les Sujets Sacrés sont le premier amendement, la race, et la guerre du Vietnam – en France, la Révolution* est, en elle-même, un Sujet Sacré. […] La revendication doit donc être présentée de manière à aller chercher le plus possible de conflit ; les sit-in ne sont pas rares à ce stade.
Seconde étape, la problématique initiale est modifiée afin que la structure même de l’autorité au sein de l’université en devienne la cible. […] Ainsi, si la revendication originelle se rapportait à la guerre du Vietnam, le fait que l’université ait puni un étudiant pour avoir violé le règlement en exprimant cette revendication est la preuve même de ce que l’université travaille en réalité pour le guerre et qu’elle est là pour « écraser la dissidence ». […] Certains nouveaux éléments, fondamentaux, entrent alors en lice, [dont] la télévision. Si vous êtes en train de manifester à midi et que vous pouvez, de retour chez vous, vous regarder aux informations de 18 heures, alors votre comportement de midi est arraché au royaume de l’espièglerie juvénile et entre authentiquement dans l’histoire. […] Au terme de l’étape 2, il y a une manifestation à grande échelle. […] quand le sit-in s’organise, les autorités universitaires sont très fortement enclines – et c’est ce qu’elles font d’ordinaires – à appeler la police […]. Nous arrivons [alors] à l’étape 3.Les revendications initiales de l’étape 1 ne sont plus désormais qu’une partie insignifiante de toute une série de revendications merveilleusement intensifiées. Une liste typique de revendications de l’étape 3 pourrait énumérer les points suivants :
- Le président de l’université doit être limogé (et de fait il l’est, en général) ;
- L’administration doit être supprimée, ou en tout cas limitée au nettoyage des allées […] ;
- L’université doit mettre fin à toute coopération avec le ministère de la Défense et autre organes officiels étrangers à la communauté universitaire ;
- Le capitalisme doit cesser – tout de suite ;
- La société doit être réorganisée.
[…] Nous avons donc parcouru tout le chemin qui va des jours heureux de l’étape 1 […] à l’extase révolutionnaire pleinement épanouie de l’étape 3 ; la fac est fermée, le président est à la recherche d’un autre boulot et une poignée de leaders étudiants à l’allure plutôt débraillée et passablement improbables détient l’autorité effective. […]
John Searle.
Scénario infaillible des révoltes étudiantes. New York Times, 29 décembre 1968.
DOSSIER I \\ Articles de la nouvelle Constitution
- Aucune tierce personne ne peut s’imposer avec coercition dans une palabre engagée par au moins deux hommes libres.
- Nul homme ne peut s’approprier et capitaliser la richesse commune que sont les moyens de production, l’air, la terre et l’eau.
- Les règles d’organisation de la société sont l’autogestion. La prise de décision se fait sous forme de démocratie directe.
- Tout mandaté est révocable en tout instant par une assemblée souveraine.
- Le choix de l’échelle de prise de décision se fera sous le régime de subsidiarité.
- La police et l’armée sont dissoutes sur-le-champ. Le peuple en arme mandaté par lui-même et chaque parcelle est le seul rempart contre la tyrannie.
- L’homme ne pourra produire et détruire en même temps. Il devra se montrer rigoureux quant à la protection de son milieu de vie.
- Il n’existe aucune partie ni aucun état en toute chose. L’association libre est la règle.
- La terre étant à tous, nul ne peut poser de barrières, de frontières. Il n’y a de droit que sur le logement qu’on habite et la terre que l’on travaille.
- La propriété privée étant abolie, seul subsiste le droit sur ce que l’on a gagné par son travail ou reçu par la communauté.
- Le salariat est aboli.
- Le téléchargement et les drogues sont autorisés.
- L’éducation et la culture seront un droit pour tous. Libre, laïque et gratuite.
- L’Université sera le lieu de transmission des connaissances et d’élargissement. Elle pourra être consultée dans le cas où une prise de décision nécessite des connaissances particulières.
- Les outils permettant la production seront publics et mis à la disposition de tous.
- Les transports collectifs seront publics et gratuits pour tous sans limitation.
- Les administrations de l’État dissout sont dissoutes.
- Chaque homme a le droit de choisir sa propre mort.
- Tout homme a le droit d’être parent et de transmettre le savoir de sa vie.
- Les animaux sont des êtres vivants, ils ne peuvent être persécutés et l’on doit leur imposer un minimum de souffrances même lorsqu’on les abat pour notre consommation.
- Il n’existe aucun ordre, aucune souveraineté, en dehors de celle du peuple. Cette souveraineté peut s’exercer que dans le cadre d’une assemblée populaire. Ce pouvoir ne peut être délégué que dans le cadre d’un mandat impératif, révocable et limité dans le temps. Aucun état, homme, institution ne peut s’y substituer.
DOSSIER I \\ Edito
Peut-on encore refaire le monde ? C’est avec cette fabuleuse question en tête que nous avons décidé de nous rassembler, nous, étudiants, dont notre avenir nous appartient; avenir qui reste incertain.
Certains d’entre nous ne semblent pas s’en préoccuper la moindre du monde. Ils veulent juste leur diplome. Etat d’insoucience la plus complète, ou égoïsme sans limite? Quoi qu’il en soit, nous avons essayé, dans des conditions parfois très défavorables, de constituer ce dossier.
La meute chien-loup en assemblé très extraordinaire se rassemble en ce jour pour proclamer sa constitution utopistique. 25 décembre 2008 3h00 amphieA sorbonne nouvelle
Toutes les constitutions advenues jusqu’à lors l’ont été par des hommes non légitimes. Nous nous réunissons aujourd’hui dans cette assemblée en tant qu’homme et nous prenons le droit comme il a été fait précédemment de nous doter de règles communes ou pour choisir notre avenir. Cette logique sera la règle de la Constitution et de toutes celles à venir. Toute loi peut-être faute ou défaite par tout homme ; dans le cadre d’une démocratie directe.
Nous refusons toutes les lois votées précédemment, et considérons comme seul légitime le souhait exprimé par ceux qui auront la tache de construire notre futur.
Cette Constitution est une première pierre qui bâtira la nouvelle structure de la nouvelle société. A charge en chacun de vous de l’enrichir en vous organisant en assemblées populaires auto instituées et instituant et jurant de se réunir pour doter notre peuple d’un nouveau régime : tous égaux et libre de fait et non simplement de droit.
Et nous jurons de n’en sortir que par la force des matraques.
« Avec l’espoir de contribuer à élargir la fissure, la brèche, ouverte par le mouvement ouvrier révolutionnaire au cœur de la démocratie libérale bourgeoise. Tache démesurée pour un homme seul, mais les révolutionnaires ont des compagnons, et les compagnons forment les mouvements qui, parfois, inversent le sens de l’Histoire » - Eduardo Colombo.
Certains d’entre nous ne semblent pas s’en préoccuper la moindre du monde. Ils veulent juste leur diplome. Etat d’insoucience la plus complète, ou égoïsme sans limite? Quoi qu’il en soit, nous avons essayé, dans des conditions parfois très défavorables, de constituer ce dossier.
La meute chien-loup en assemblé très extraordinaire se rassemble en ce jour pour proclamer sa constitution utopistique. 25 décembre 2008 3h00 amphieA sorbonne nouvelle
Toutes les constitutions advenues jusqu’à lors l’ont été par des hommes non légitimes. Nous nous réunissons aujourd’hui dans cette assemblée en tant qu’homme et nous prenons le droit comme il a été fait précédemment de nous doter de règles communes ou pour choisir notre avenir. Cette logique sera la règle de la Constitution et de toutes celles à venir. Toute loi peut-être faute ou défaite par tout homme ; dans le cadre d’une démocratie directe.
Nous refusons toutes les lois votées précédemment, et considérons comme seul légitime le souhait exprimé par ceux qui auront la tache de construire notre futur.
Cette Constitution est une première pierre qui bâtira la nouvelle structure de la nouvelle société. A charge en chacun de vous de l’enrichir en vous organisant en assemblées populaires auto instituées et instituant et jurant de se réunir pour doter notre peuple d’un nouveau régime : tous égaux et libre de fait et non simplement de droit.
Et nous jurons de n’en sortir que par la force des matraques.
« Avec l’espoir de contribuer à élargir la fissure, la brèche, ouverte par le mouvement ouvrier révolutionnaire au cœur de la démocratie libérale bourgeoise. Tache démesurée pour un homme seul, mais les révolutionnaires ont des compagnons, et les compagnons forment les mouvements qui, parfois, inversent le sens de l’Histoire » - Eduardo Colombo.
Un dossier signé
Capitaine Sentencia
lundi 4 janvier 2010
Si n’DIN MA Si kir n’di ma (vers africain)
Le fait de voir des amis avec de bons travaux, bonnes réalisations
conceptions
Et ces tas de renommées popularité
Devant nous qui avons débuté l
Les premiers ce métier
Dans notre quartier
Je me plonge dans l’introspection
L’univers de ce que je vois pense et écoute
Alors ! L’envie de faire le sérieux
Qui est quand même laborieux
Me vient ; je juge, je j’ai jugé décrété
D’arriver à tout prix à bout de l’objectif
Que je me suis fixé mais l’obsession
Par une déception
M’a contrainte à la punition
À une soumission
Le découragement la démission
Qui voulait avoir de l’impact
Sur ma vie
Et je m’étais dit
C’est par le bon travail
Que l’homme transforme
Maitrise les données de la nature
Putain faut serrer la ceinture
Et aujourd’hui
Suis en Sorbonne
J’ai la bourse je me réjouis
Ce qui me reste c’est un diplôme
Même si la fac
Je Nick,
Au profit de la zig
Je veux dire la carrière
Rappeurs
Slammer
Même quand j’sari grand-père
Ce sera marqué dans mon histoire
Je sais que le combat ne finit jamais
Alors on continue
On ne perd pas une guerre
Mais une bataille
conceptions
Et ces tas de renommées popularité
Devant nous qui avons débuté l
Les premiers ce métier
Dans notre quartier
Je me plonge dans l’introspection
L’univers de ce que je vois pense et écoute
Alors ! L’envie de faire le sérieux
Qui est quand même laborieux
Me vient ; je juge, je j’ai jugé décrété
D’arriver à tout prix à bout de l’objectif
Que je me suis fixé mais l’obsession
Par une déception
M’a contrainte à la punition
À une soumission
Le découragement la démission
Qui voulait avoir de l’impact
Sur ma vie
Et je m’étais dit
C’est par le bon travail
Que l’homme transforme
Maitrise les données de la nature
Putain faut serrer la ceinture
Et aujourd’hui
Suis en Sorbonne
J’ai la bourse je me réjouis
Ce qui me reste c’est un diplôme
Même si la fac
Je Nick,
Au profit de la zig
Je veux dire la carrière
Rappeurs
Slammer
Même quand j’sari grand-père
Ce sera marqué dans mon histoire
Je sais que le combat ne finit jamais
Alors on continue
On ne perd pas une guerre
Mais une bataille
DOUBLES « S » 2 S
À la queue de manif
Censier 18 FEVRIER 2009
Après les cours stressés
J’sais pas quoi faire
Je m dit bon je m taille
Au portail
(de la fac)
Rue de Santeuil
C’est mes potes de chien-loup
Croise je
Qu’est-ce qui ya on y va à la manif
Départ sur le parvis
Les mecs ils me disent
On descend à la cave
Après, tu snifes ?
J’dis non
Et l’autre m’somme
Me somme
Vas-y mec
Retire le mégaphone
À ces gens de (de manif)
Dis un slogan me voici
«l’État de police»
Nous malmène avec sa milice
Par la malice
Yen a marre
On veut pas voir laisser
La populace
La jeunesse en liesse
Car ce sera de taille
La bataille
L’enjeu
Si eux qui sont la solution à nos blêmepros
Nous conduisent au fiasco
Le peuple dans la merde
Ce cirque on veut que ça cesse
Les choses qu’on allège
Au lieu chaque fois de nous dresser
Des pièges Nick les transfuges
Les profiteurs qui font semblant de nous aider
Tandisqu’au dos
Nous plantent le couteau
Après les cours stressés
J’sais pas quoi faire
Je m dit bon je m taille
Au portail
(de la fac)
Rue de Santeuil
C’est mes potes de chien-loup
Croise je
Qu’est-ce qui ya on y va à la manif
Départ sur le parvis
Les mecs ils me disent
On descend à la cave
Après, tu snifes ?
J’dis non
Et l’autre m’somme
Me somme
Vas-y mec
Retire le mégaphone
À ces gens de (de manif)
Dis un slogan me voici
«l’État de police»
Nous malmène avec sa milice
Par la malice
Yen a marre
On veut pas voir laisser
La populace
La jeunesse en liesse
Car ce sera de taille
La bataille
L’enjeu
Si eux qui sont la solution à nos blêmepros
Nous conduisent au fiasco
Le peuple dans la merde
Ce cirque on veut que ça cesse
Les choses qu’on allège
Au lieu chaque fois de nous dresser
Des pièges Nick les transfuges
Les profiteurs qui font semblant de nous aider
Tandisqu’au dos
Nous plantent le couteau
DOUBLES « S » 2 S
Poésie
Je me perds en toi Eternité
Je n’ai plus de nom plus d’âge
ce corps ce visage
me sont devenu étranger
Adieu adieu adieu
famille amis pays
adieux les femmes les amours illusoires
adieu les nuits les matins et les soirs
adieu tous les destins adieu tous les chemins
adieu les saisons et les horizons
adieu ma maison adieu ma raison
adieu la douceur et le confort
adieu la douleur et le plaisirs
adieu le vie adieu la mort
adieu mes dégoût et mes désirs
je te salue ô Eternité
je me perds en ta clarté
Je n’ai plus de nom plus d’âge
ce corps ce visage
me sont devenu étranger
Adieu adieu adieu
famille amis pays
adieux les femmes les amours illusoires
adieu les nuits les matins et les soirs
adieu tous les destins adieu tous les chemins
adieu les saisons et les horizons
adieu ma maison adieu ma raison
adieu la douceur et le confort
adieu la douleur et le plaisirs
adieu le vie adieu la mort
adieu mes dégoût et mes désirs
je te salue ô Eternité
je me perds en ta clarté
Le pestiféré
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